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Catégorie : Journées théobaldiennes

Cinquièmes journées

Compte rendu des Vèmes Journées théobaldiennes

des 3 et 4 septembre 2011

 
                                                                    

Journée du samedi 3 septembre 2011

 9h30

Discours de bienvenue du Président Maurice LECHENAULT aux participants à ces journées.

Les différents intervenants se présentent :

Alain OLIVIER

Il rappelle l’historique concernant les Journées théobaldiennes :

Les premiers contacts ont eu lieu en 1996. Les Journées théobaldiennes sont issues de deux courants de recherches :

-         celles conduites par Maurice COUDERT sur la vie de saint Thibault.

-         celles menées sur la statue du XIVème siècle présente dans la chapelle de Bermont (Vosges), chapelle que fréquentait sainte Jeanne d’Arc.

Les premières journées se sont déroulées à Bermont ; les deuxièmes à Badia Polesine en Italie ; les troisièmes à Saint-Thibault dans l’Aube ; les quatrièmes en Italie à Sossano.

Les journées à Saint-Thibault-en-Auxois sont donc les cinquièmes.

Maurice COUDERT

Il rappelle que les recherches sur saint Thibault n’en sont qu’à leur début. Il estime qu’on arriverait à 200 sites qui concerneraient saint Thibault. Il existe 8 communes portant le nom Saint-Thibault en France.

Il rappelle brièvement les étapes de la vie de saint Thibault :

Thibault est durant trois ans pèlerin itinérant avec son ami Gautier. Cela les conduit au Luxembourg, en Belgique, en Allemagne, à Compostelle et à Rome. De Rome ils voulaient se rendre jusqu à Jérusalem en partant de Venise.

Il meurt la nuit du 30 juin au 1er juillet 1066 à l’ermitage de Sayanega (Sossano).

Il est inhumé en premier lieu le lundi 3 juillet 1066 dans la cathédrale de Vicenza « à une profondeur de 20 pieds », « au milieu des transports de joie et d’un grand concours du peuple ».

Il est canonisé au début de 1073 par le pape Alexandre II, « avec l’appui du Peuple de Vicenza et des Cardinaux ermites Pierre Damien et Mainard de Silvacandide »

Sa seconde inhumation a lieu aux Ides de juillet 1074, dans l’Abbaye de La Vangadizzia à Badia Polesine « avec les louanges ardentes des moines et des clercs et d’une grande foule d’hommes, de femmes et d’enfants venus à sa rencontre ».

La translation de ses reliques en France est menée en été 1075 par son frère Arnould et les deux frères bénédictins Yves et Rodolphe de l’abbaye de Saint-Pierre-de-Lagny. Les reliques se composaient « du bras droit, deux côtes, deux vertèbres, quatre dents et le silice » prélevés sur le corps du saint à l’abbaye de Vangadizzia. L’aller-retour se fit vraisemblablement à cheval, par les routes alpines.

La vie plus détaillée de saint Thibault est disponible à l’adresse suivante :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Thibault_de_Provins

Mathieu LEGUIL

Il a mené des recherches sur l’Auxois au Moyen Âge. Il est spécialiste de la vie d’un fonctionnaire issu de Saint-Thibault-en-Auxois : Renaud Gastellier, Grand officier des finances des ducs de Bourgogne.

Matthieu LEGUIL, « Officier, marchand et noble. Regnault Gastellier, un serviteur des ducs de Bourgogne au tournant des XIVe et XVe siècles », Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de Semur-en-Auxois, t. 116, 2008, p. 5-25.

Marie-France JOLLIOT

Maire de Saint-Thibault en Champagne, se présente.

Gilles ANDRIOT

Maire des communes de Greux (Vosges), se présente et propose que les sixièmes Journées théobaldiennes se déroulent dans sa commune.

Patrice WAHLEN

Archéologue et historien, il travaille en particulier sur les reliques dans le diocèse d’Auxerre et de Sens. Il avertit que les recherches sur sainte Reine ont duré plus 10 ans.

Des reliques de saint Thibault se trouvent dans l’église paroissiale de Joigny.

9h50

Intervention de Marie-Geneviève GROSSEL

romaniste, maître de conférence à l’Université de Valenciennes,  spécialiste des comtes de Champagne.
 
Thibault de Provins, un saint guérisseur

Thibault a été canonisé peu de temps après sa mort. Son culte ne s’est pas stabilisé mais a progressé. Il était un saint guérisseur. Beaucoup d’églises consacrées à saint Thibault ont été détruites. Les cathédrales de Mâcon, Toul, Chartres avaient une chapelle consacrée à saint Thibault. Son culte est en rapport avec les maladreries.

François-Olivier TOUATI pense que saint Thibault est mort de la lèpre. Saint Thibault prend une figure particulière à cause de son lien avec la maladie, et la guérison de sa maladie de peau après sa mort. Ceci explique que l’on en ait fait un saint guérisseur.

Le comté de Champagne a un culte rendu à Thibault.

Une fontaine est dédiée à saint Thibault à Ménestreau-en-Villette (Loiret).

Partout il y a eu un pèlerinage avec les fiévreux.

Il se pose un problème de l’homonymie. Il existe 8 saint Thibault dont :

-         Thibault de Vienne (arrière-grand-oncle de saint Thibault)

-         Thibault de Provins

-         Théobald, chanoine régulier de Limoges, décédé le 8 novembre 1070.

-         Thibault de Marly

-         Thibaud d’Alba

 Les proverbes liés à la saint Thibault (1er juillet)

«  A la saint Thibault arrache tes raves et sème tes aulx ».

« A la saint Thibault aime ta cave et crache ton eau », ce proverbe se rapporterait à la fête patronale de Thibault de Marly, qui est un patron viticole. La fécondité est rapprochée de la vigne.

D’après René Bernard, les lieux de cultes consacrés à saint Thibault sont les plus nombreux dans l’Est. Toujours selon lui, la Bourgogne, à part Auxerre, et la Champagne ne sont pas représentées.

Marie-Geneviève GROSSEL conteste ce point de vue. Dans l’église collégiale Saint-Etienne de Troyes (Aube), une messe est consacrée à saint Thibault. Dans la ville de Château-Thierry (Aisne), une chapelle castrale était consacrée à saint Thibault. Le culte de saint Thibault a été partagé par les comtes de Champagne tout au long de la lignée. Le prieuré de Saint-Thibault-en-Auxois est un témoignage du culte de saint Thibault en Bourgogne.

Les Vies de saint Thibault

Ces différentes vies ont été recensées et analysées par Manuel NICOLAON, Vie de saint Thibaut de Provins, BREPOLS, Turnhout (Belgique), 264 pages.

-         La Vie de Pierre de Vangadice

Toutes les vitae en vers se basent sur le texte de Pierre de Vangadice.

Pour en savoir plus sur la vita Pierre de Vangadice voir :

http://theobaldus.org/content/notes-et-reflexions-sur-la-vie-de-saint-thibaud

Les différentes copies qui nous sont parvenues de cette première vita, ne varient quasiment pas lorsqu’on les confronte les unes aux autres. Le texte est donc authentique.

Les premières traductions touchent les Vies de saints les plus anciennes, afin de se référer à des Vies de saints admirables. Ainsi, au XIIIème siècle, la vita de saint Thibault est traduite trois fois à la demande des fidèles. Elle laisse un indice de ce que veulent les commanditaires. Elle était lue en latin le jour de la fête du saint ; le clerc la lisait et la traduisait. Trois Vies de saint Thibault nous sont donc parvenues :

-         Une Vie octosyllabique.

-         Une Vie en alexandrins. Pour les poèmes voir HILL Raymond Thompson, Two old French poems on Saint Thibaut, Yale Romanic Studies, New Haven, 1936.

-         Une Vie en prose, recopiée vers 1287.

Les vies en vers n’ont pas eu un grand rayonnement. La vie en prose quant à elle a connu 14 éditions.

-         Version en octosyllabes de la Vie de saint Thibault (début XIIIème siècle)

Elle est une épître farcie. Ce texte a une fonction liturgique Il tient de deux traditions : la vie du saint dans la cérémonie à l’église, et la dévotion privée. On cantillait les épîtres farcies et on les dansait pour flatter le goût des fidèles pour le merveilleux.

L’épître farcie est considérée comme un trope,un genre musical grégorien.

(Voir l’article Wikipédia sur le trope : http://fr.wikipedia.org/wiki/Trope_%28musique%29)

Son apprentissage est très dur car le rythme s’apprend à l’oreille. L’épître est la lectio du jour. Pour celle de saint Thibault elle est lue le premier juillet. La vie de saint Thibault est expliquée par l’ancien et le nouveau testament.

Pour en savoir plus sur les épîtres farcies, il est possible de se reporter à l’extrait de la Bibliothèque de l’école des Chartres, vol. 158, Première livraison janvier-juin 2000, Librairie DROZ, Genève, 2000, ISBN 0373-6237, p. 329

et à l’ouvrage d’Yves CAZAL Les Voix Du Peuple : Verbum Dei, Le bilinguisme latin – langue vulgaire au Moyen-Âge, édition DROZ, Genève, 1998, 336 p

Lien Google Books : http://books.google.fr/books?id=0Ymgg6U5R5AC&printsec=frontcover#v=onepage&q&f=false

-         La vita secunda (vers 1260)

Elle est tirée d’un manuscrit bourguignon. La Bourgogne est un centre culturel très actif vers 1250-1280. Cette vie aurait été traduite en Champagne vers 1240-1250 avant de passer en Bourgogne. Le texte a été recopié dans la cour de France à l’époque de Jeanne de Navarre. Il est originaire de l’abbaye de Sept-Fons (Allier). Sept-Fons se trouvait sous la protection des Bourbons (probablement les Bourbon-Lancy).

C’est l’époque où la Bourgogne et la Champagne s’allient via les Bourbons. Le texte aurait été alors transféré au cours du mariage de Beatrix de Champagne.

-         Version en alexandrins par Guillaume d’Oyé (1267)

C’est la seule vita en vers à être datée et dont l’auteur est connu. Elle est le témoignage de la guérison de Guillaume d’Oyé grâce à saint Thibault. L’auteur devait être un clunisien. Il n’était pas seigneur d’Oyé mais né à Oyé (Saône-et-Loire). Il suit la Vie de Pierre de Vangadice, et aurait pu connaître l’épître farcie.

Quand saint Thibault dort, il imite les pères du désert. Dans les deux premiers textes, il est tenté par la vaine gloire durant son sommeil.

Le texte de la vie de saint Thibault est une imitation de la vie du Christ.

Références bibliographiques :

TOUATI François Olivier (dir.), Maladies, médecines et sociétés. Approches historiques pour le présent, Paris, L'Harmattan et Histoire au Présent, 1993.

DE ROQUEFORT-FLAMÉRICOURT Jean-Baptiste, De l’état de la poésie française dans les XIIème et XIIIème siècles, Fournier, Paris, 1815

Lien Googlebooks :

http://books.google.com/books?id=-UsPAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

11h30

Intervention de Maurice COUDERT

Le manuscrit d’Alençon du XIème siècle, Vie de saint Thibault, est une copie de Saint-Evroult en Normandie. Cette abbaye a été très active. Le frère Alban, moine à la Pierre-qui-Vire, a traduit ce texte.

Traduction du texte lisible à cette adresse : http://theobaldus.org/content/manuscrit-dalencon

Le texte de la Bibliothèque Mazarine de Paris est quasiment identique à celui d’Alençon.

Maurice Coudert émet une réflexion sur les personnages du portail de l’église de Saint-Thibault-en-Auxois. Il adhère à l’interprétation selon laquelle les personnages représentés seraient :

-         Thibaud de Vienne

-         Villa, la mère de Thibault de Provins

-         Gautier

-         Thibault de Provins

Il indique que Thibaud de Vienne est décrit par Pierre de Vangadice et dans les Vies de saint Thibault. Thibaud de Vienne est né à Tolvon (Isère) en 927. Arrière-grand-oncle maternel de Thibault de Provins, il a été élevé à la cour des rois de Bourgogne. Il a été Évêque à Vienne à 30 ans, en 957, puis Archevêque. Il a assuré sa charge jusqu’ à sa mort en 1001. Il a frappé monnaie ; ses pièces sont connues sous le nom de denier en argent de Thibaud :

           Denier féodal des Evêques de Vienne Thibault 952 - 1000
                                                                               avers: R barré autour TEVBAVDVS V, nom de l’évêque
                                                                               revers: R autour SCS MAVRICIS, nom du saint que l’on vénérait dans le Dauphiné, où est né Thibaud

                 

Thibaud a prédit à sa nièce que sa fille porterait un fils qui serait l’honneur de la famille (Thibault de Provins).

L’église du hameau de Tolvon est dédiée à saint Denis et Thibaud de Vienne. Le culte rendu à Thibaud de Vienne a été confirmé par Pie X en 1902.

12h

Intervention d’Alberto COGGO (traduction orale de Mariateresa MURARO)

Il présente un prototype d’un livre qui sera édité en Italie. Il espère pouvoir réaliser une édition en français. Le contenu résume toutes les rencontres jusqu’aux IVèmes Journées théobaldiennes. Il est également question de quelques sites en Europe dédiés à saint Thibault :

-         En Hollande, une église. Elle a été détruite lors de la Seconde Guerre mondiale.

-         En Autriche, à Vienne, un autel carmélite.

-         En Slovaquie, un autel.

15h

Intervention de Matthieu LEGUIL

Saint-Thibault-en-Auxois au Moyen-Âge, XIIème – XVème siècles : de l’édification de la basilique à la prospérité du bourg.

Il indique qu’il est spécialiste de Regnault Gastellier, originaire de Saint-Thibault-en-Auxois (Côte d’Or), qui a eu une carrière au service des ducs de Bourgogne de 1379 à 1420. Il fut Grand Officier des Finances des ducs de Bourgogne, puis Maître des Comptes.

Les sources

Le village a pris son essor au XIIIème siècle. On dispose des sources suivantes :

-         Des écrits de l’abbé COLLON, historien des XVIII-XIXèmes siècles, de Vitteaux.

-         Joseph GARNIER, archiviste de la Côte d’Or. Il a édité la chartre de franchise de Saint-Thibault. (Voir GARNIER Joseph et CHAMPEAUX E., Chartes communales et d’affranchissement en Bourgogne, Dijon, 1867, 4 volumes, volume 1, pp.325-327)

-         Une quittance/certificat délivré par un prieur.

-         Une donation éditée par Ernest PETIT. Une biographie et une courte bibliographie de cet auteur sont consultables à cette adresse : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Petit_%28historien%29

-         Une dizaine de pièces d’archives de Saône-et-Loire concernant Saint-Thibault.

Selon la tradition, la fondation du prieuré serait liée à la translation des reliques au XIIème siècle, et aurait été fondé plus précisément vers 1190 par l’abbaye de Saint-Rigaud (Evêché d’Autun). Cela reste difficile à vérifier. Le contexte historique semble pourtant confirmer la tradition :

-         Le château de Saint-Beury est mentionné en 1125.

-         Arthaud de Beury apparaît dans un texte de 1100.

-         L’existence de Hugues de Thil est attestée en 1206 dans une donation à l’abbaye de Clairvaux.

L’existence du prieuré de la fin du XIIIème siècle est attestée par les historiens, archéologues et historiens de l’art.

C’est un mobilier tardif qui rattache l’église à saint Thibault de Provins.

Le toponyme de Saint-Thibault apparaît dans la première moitié du XIIIème siècle. Dans les sources, on ne retrouve nulle trace du nom du village primitif qui, selon la tradition, serait Fontaine.

Vers 1237, Miles de Marigny-le-Cahouët fait une donation au monastère de Sancti Theobaldi.

Les phases de construction de l’église.

Dans le milieu du XIIIème siècle, une première campagne de reconstruction est entreprise. De 1257 à 1263, des donations sont faites au chantier de l’église par les nobles locaux.

De 1270-1280 ou 1280-1290, une deuxième campagne débute. La chapelle Saint-Gilles est construite. Aucun texte n’éclaire cette campagne.

Dans les années 1300, l’abside est édifiée. La campagne est très ambitieuse. La famille ducale prend le relais de la noblesse locale. On ne sait pas si la nef a été reconstruite.

Autour de l’église se développe alors une vie religieuse intense.

La vie cultuelle

Un pèlerinage est attesté des années 1270 aux années 1420.

En 1276, un corvoyeur anglais, Derias, envoie un vicaire à Saint-Thibault, pour le rétablissement de son fils malade.

1296, le Parlement de Paris condamne un noble à aller faire un pèlerinage à Saint-Thibault.

1356, Jean II, Roi de France, accorde la rémission à un meurtrier à condition qu’il se rende en pèlerinage à Saint-Thibault.

Les donations, aumônes, ex-voto

Les preuves proviennent essentiellement des sources ducales :

1352-1353, Jeanne de France offre des ex-voto à Saint-Thibault pour la protection de ses enfants.

1372, Philippe le Hardi fait une offrande de 3 livres tournois aux reliques de saint Thibault.

1374, Marguerite de Flandres voue son fils à saint Thibault et offre un ex-voto.

La captation du prieuré par les seigneurs de Thil

Au début du XIVème siècle, le prieuré de Saint-Thibault verse 400 livres de décimes au Saint-Siège. Cela témoigne de sa fortune. A la même époque, Fontenay paye 1200 livres et Notre-Dame de Semur-en-Auxois 400 livres. Cette richesse va attiser des convoitises, notamment celle des seigneurs de Thil.

Entre 1306 et 1323, douze moines se trouvaient peut-être à Saint-Thibault.

1257-1299, l’église de Saint-Thibault est désignée, dans les sources seigneuriales, de manière indéterminée.

1315, le seigneur Jean de Thil se fait inhumer dans le chœur de l’église de Saint-Thibault. Ce ne serait donc pas le tombeau d’Hugues de Thil comme les textes historiques l’affirment.

Le portail, datant de la fin du XVème siècle, est commandé par Claude de la Madeleine.

La prospérité économique du bourg

1265, une charte de franchise, copie de celle octroyée à Mont-Saint-Jean, elle-même copie de celle de Vézelay (l’original de cette charte est aujourd’hui perdu) :

-         Supprime la mainmorte

-         Limite la taille et la banalité sur les pressoirs

-         Supprime la redevance sur les prés

-         Permet la libre disposition des biens et des tenures

Le seigneur local, Hugues de Thil, seigneur de Saint-Beury, et sa femme s’engagent. Le duc de Bourgogne se porte garant.

Cette charte est le fruit de l’enrichissement de Saint-Thibault. Les Théobaldiens ont payé 1200 livres tournois pour obtenir cette charte. Cette somme dépasse la valeur de la seigneurie.

La charte mentionne des changeurs qui tiennent des tables de prêts.

1305, Hugues le Petit de Saint-Thibault fait partie de l’entourage de Jean de Thil.

1346-1347, le « gastellier de Saint-Thibault » est mentionné.

Aux XIVème et XVème siècles, on trouve trace de nombreux clercs mariés. On peut citer pour exemple Robin de Saint-Léonard, « escrivain de forme ».

En conclusion, la prospérité du prieuré a créé une population aisée et cultivée. Ces atouts ont permis à Saint-Thibault de mieux résister à la crise économique de la fin du XVème siècle.

Journée du dimanche 4 septembre 2011

 10h

Intervention de Maurice COUDERT sur les représentations de saint Thibault à différents moments de sa vie :

-         le début de son renoncement à la vie de noblesse

-         le périple avec Gautier

-         Thibault en saint

Il commente la représentation de saint Thibault sur la châsse datant de 1625, de Saint-Thibault-des-Vignes. Thibault est représenté en damoiseau. Il n’a jamais été chevalier mais cette représentation permet de l’identifier facilement et de le situer au début de sa vie religieuse.

L’église de Saint-Thibault-des-Vignes a été construite par Arnould, frère de Thibault, abbé de Lagny de 1066 à 1106.

Il montre une récente icône orthodoxe de saint Thibault réalisée à Gorze.

10h30

Alain OLIVIER présente la carte établie grâce aux recherches de Maurice COUDERT, des différentes routes qu’auraient pu emprunter Thibault et Gautier au cours de leurs vies, ainsi que la route du retour des reliques.

Avant de débuter son exposé, il indique que les recherches sur Saint-Thibault-en-Auxois ne sont pas assez développées et qu’il faudrait consulter les documents originaux et tenter de remonter au-delà du XIIème siècle. Il y aurait pu avoir dès le XIème siècle la présence d’un ermitage renommé à proximité de Saint-Thibault. Cela pourrait expliquer l’arrivée des reliques et la construction d’une église.

Il présente :

-         La via francigena, voie des Francs, qu’empruntaient les pèlerins pour se rendre de Canterbury à Rome. Cette voie est bien connue car un Archevêque de Canterbury, se rendant à Rome, l’a décrite en 99 étapes. Cette voie était très utilisée. (Voir article Wikipédia,(un lien dans l’article renvoie sur une page en latin contenant les différentes étapes de cette voie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Via_Francigena)

-         La voie du Rhône, via Agrippa, dont le nom vient d’un ami de l’empereur Auguste, Agrippa, ayant réorganisé les voies en Gaulle. http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcus_Vipsanius_Agrippa

-         Le chemin de Compostelle, où l’on trouve énormément de lieux se référant à saint Thibault.

Pour les chemins de Compostelle, voir Wikipédia d’après Manfred Zentgraf, In den Böden 38, D-97332 Volkach – et Wikipédia, Hk kng, Travail personnel. Geographic data were processed with GMT, final layout done with Inkscape.

Alain OLIVIER indique qu’il serait intéressant que chaque site recense les ermitages sur son territoire et les recoupe avec les lieux se référant à saint Thibault.

Les routes de saint Thibault seront présentées avec des étapes différentes selon les routes :

-         Le parcours vers Saint-Jacques-de-Compostelle

-         Le retour vers l’Allemagne

-         La route vers Rome

-         La route du retour des reliques

La synthèse des travaux se termine par la confirmation des prochaines journées, fixées aux 8 et 9 septembre 2012 à Greux (Vosges).

Le président et les membres du Bureau de l’association « Les Amis de Saint-Thibault-en-Auxois » remercient très sincèrement tous ceux qui ont contribué à la réussite de nos « Journées théobaldiennes 2011 ».